
Vous êtes ici - Accueil > Informations utiles sur le développement au Mali > Partenariat et Interactions du Mali et du Monde >

Code des personnes et de la famille au Mali : La commission de réflexion présente son projet
Alerte internationale sur le rétrécissement des droits et libertés au Niger
La jeunesse face aux défis de l’intégration Africaine
Séisme en Chine : des contributions maliennes en faveur des sinistrés
Mise en œuvre de la Convention Cadre des Nations Unies et du Protocole de KYOTO au Mali
3 ème conférence internationale des journalistes africains de l’environnement
Profil Environnemental du Mali
Le salon de l’agriculture du Mali, vu par l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture du Mali
La COPAGEN se mobilise avec les populations de Kita contre la coupe anarchique du bois
Consultez les autres articles de la rubrique
Informations sur les négociations lors du sommet Union européenne–Afrique du 6 au 9 décembre 2007 à Lisbonne
Critique des démarches de la Commission européenne dans le cadre des négociation sur les accords de partenariat économique. Déclarations des personnalités lors de ce sommet.
Les accords de partenariat économique avec l’Union Européenne, que nombre de pays Afrique-Caraïbes-Pacifique se refusent de signer, ne figuraient pas à l’agenda des discussions de la rencontre de Bruxelles, mais ils ont occupé une bonne place dans les discussions. Il était en effet question, à l’occasion de ce sommet, de soumettre à la critique les relations UE-Afrique afin de mieux articuler ce qu’on appelle la « nouvelle stratégie conjointe » appelée à servir de fil conducteur, pour les années à venir, à travers un « plan d’actions ».
La position ivoirienne ne faisait place à aucun mystère depuis plusieurs mois. Lorsque la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) a pris la décision, à Abidjan, le 5 octobre, de rejeter les APE, les Ivoiriens se sont enfermés dans une position attentiste, voire ambiguë. Début novembre, quand les ministres Afrique-Caraïbes-Pacifique se sont retrouvés à Bruxelles pour une rencontre de la « dernière chance », les Ivoiriens ne cachaient rien de leurs intentions de signer les accords, allant à contre-courant des positions généralement défendues, « la décision de la Côte d’Ivoire de signer cet accord s’explique par une crainte : celle de voir ses produits agricoles, notamment la banane, soumis à une forte hausse tarifaire sur le marché européen, après la date du 31 décembre 2007, date limite pour la signature des Ape ». Cette filière représente en effet près de 50 000 emplois directs en Cote d’Ivoire. « Mais contrairement aux indications de l’Union européenne,la signature d’un APE intérimaire ne règle pas durablement la question de l’accès de la banane au marché européen, qui est régi par un Protocole indépendant signé entre l’Union européenne et les pays ACP ». Pour faire signer la Côte d’Ivoire, la Commission européenne a multiplié les missions à Abidjan, tout comme à Accra. Ces délégations ont également eu à se déplacer au Ghana. Ce qui est une violation des procédures qui consistaient à négocier avec les entités régionales comme la CEDEAO.
Cet accord « risque de détruire le fragile processus d’intégration économique en Afrique de l’Ouest », avec Abidjan qui se met désormais en marge.
Le président de la Commission de l’Union africaine, M. Alpha Oumar Konaré a dénoncé les manœuvres qui cherchent à « opposer les pays africains les uns contre les autres ». M. Konaré avait sans doute en tête les paroles de son homologue de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, qui venait de se féliciter des résultats obtenus dans la négociation des Accords de partenariat économique, disant même que « certains de ces APE sont en train de se conclure à Lisbonne ».
Le président Konaré a tenu à faire remarquer que, « riche ou pauvres, le destin des pays africains est lié. Aucun pays africain ne peut s’en sortir sans les autres, ne peut détacher son sort de celui des autres, car, au bout de ce forcing, il sera perdant ». Ces remarques venaient en écho à l’information selon laquelle la Commission européenne avait fini par convaincre la Côte d’Ivoire pour qu’elle signe « un accord d’étape », menaçant la solidarité régionale.
Alpha Oumar Konaré a voulu faire comprendre à tous les dirigeants réunis à Lisbonne dans le cadre du 2e Sommet Europe-Union africaine, que l’Afrique, si sollicitée qu’elle soit par les différents partenaires, ne pouvait être la chasse gardée de personne, ni un nouveau territoire à conquérir.
Abdoulaye Wade a clamé : « L’Afrique n’est pas d’accord (avec l’Europe, Ndlr) sur les Ape ». A l’instar du président de la commission de l’Union africaine, lors de la cérémonie d’ouverture, le chef de l’Etat sénégalais a ainsi condamné le forcing européen pour arriver à un résultat.
« L’UE s’est tournée maintenant vers les pays, pour les inciter à signer. Même s’il y en a quelques-uns qui signent ou veulent signer, cela ne change rien, l’Afrique n’est pas d’accord. C’est une mauvaise approche. Les Africains savent que l’on ne peut pas s’engager comme cela, quel que soit l’horizon, de quinze ou de vingt ans, à instaurer une zone de libre-échange entre l’Europe et l’Afrique. Il y a une telle dissymétrie dans les économies qu’il y aura des conséquences immédiates dans l’instauration d’une zone de libre-échange » », a clamé Abdoulaye Wade.
Le Commissaire européen au développement, Louis Michel, rejette les accusations selon lesquelles l’Europe a porté à la dynamique d’intégration sous-régionale en Afrique de l’Ouest. Pour lui, il s’est plutôt agi de préserver les intérêts de certains pays à revenus intermédiaires « qui se sont trouvés dans des situations dramatiques ». Et d’indiquer : « La Côte d’Ivoire, rien que pour cette année 2007, un milliard d’euros (650 milliards de francs Cfa). Des marchandises sont bloquées dans les ports, qui ne seront pas vendues, faute d’accord ».
Selon lui, les pays les moins avancés (PMA) comme le Sénégal, qui refusent de signer (voir plus loin), sont dans une situation moins difficile que la Côte d’Ivoire ou le Ghana. Ces pays les plus pauvres bénéficient, dans leurs relations avec l’Europe, de ce qu’on appelle « Tout sauf les armes ». C’est-à-dire, qu’il peuvent exporter tout ce qu’ils veulent chez nous, sans quota ni taxe, ce qui constitue environ 90 à 95% de leurs produits », a-t-il rappelé. Quant au Nigéria, qui a déjà fait connaître son hostilité à tout accord avec l’Europe, il note : « Le Nigéria, je pense, est à l’abri de beaucoup de problèmes, parce qu’il a du pétrole ! »
Les APE manquent de cohérence
Les organisations de la société civile des deux continents ont considéré que la démarche entreprise pour imposer les accords de partenariat économique n´était pas bonne. Réunis au sein d´un forum, leurs représentants ont publié une déclaration politique qui indique les conditions d´un véritable partenariat basé sur la « responsabilité partagée » et la « confiance ».
Pour eux, responsabilité partagée signifie « respect de chacun, dialogue politique honnête, reconnaissance du droit au développement, respect des Droits de l´homme, ainsi que des principes de bonne gouvernance ». Tous ces éléments leur permettent de juger que les APE « sont un exemple négatif, étant donné leur incompatibilité avec les principes clés du « Nouveau partenariat stratégique » prôné par l’Europe et avec le processus d´intégration sous-régionale et continentale qu´ils sont censés appuyer en Afrique.
Cet article est adapté des bulletins N° 1, 2, 3 AfricanBeat@Lisbonne07 Sommet Union européenne-Afrique, publié par l’Institut Panos Afrique de l’Ouest (Ipao), en partenariat avec Oxfam International, à l’occasion du sommet Union européenne–Afrique (6-9 décembre 2007)
Coordinateur : Tidiane Kassé - Comité de rédaction : Tidiane Kassé, Mohamed Guèye, Hippolyte Djiwan
| Laisser un commentaire à cet article |
est un site dédié à la promotion des initiatives locales de développement du Mali. Il sagit dactivités initiées et conduites par des organisations ou des personnes du Mali qui font une réelle différence sur le développement local.
Il s'investit dans la capitalisation et la mise en valeur des bonnes pratiques ainsi que dans l'accès à l'information sur le développement par internet. Cest une fenêtre ouverte sur le dynamisme de la société malienne ; cest aussi un outil de communication entre les acteurs locaux et leurs partenaires au développement.
Edité par Axe Formation, Initiatives Mali Gateway réunit des partenaires diversifiés (organisations de la société civile, services techniques, partenaires au développement). Il est affilié au réseau des Country Gateway (Fondation Development Gateway). Voir Qui sommes-nous