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Profil Environnemental du Mali

Présentation du profil environnemental du Mali : physique, biologique, socio-économique. Cadre instutionnel de l’environnement et intégration de l’environnement dans les secteurs d’intervention.

Article publié le 22 mai 2008
http://initiatives-mali.info/spip.php?article1271

Dans le cadre de la conférence internationale des journalistes pour l’environnement, Bamako, mai 2008.

Introduction

La présentation est le résumé du rapport élaboré en 2005 par HPC/Athins International. Il a été financé par la Commission Européenne à la demande de l’Ordonnateur National du FED, du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale du Mali et de la Commission Européenne.

1.1.Environnement physique

Couvrant 1 241 238 km², le Mali est un vaste pays du Sahel situé entre les 10e et 25e parallèles de latitude Nord. Enclavé au cœur de l’Afrique de l’Ouest, partage plus de 7 000 km de frontières avec 7 pays limitrophes ; position charnière entre l’Afrique du Nord arabo-berbère et l’Afrique noire subsaharienne.

Le climat de type soudano-sahélien avec quatre grandes zones agroclimatiques : la zone soudano-guinéenne, la zone soudanienne qui couvre l’essentiel du Delta Intérieur du Niger constituant une zone agro-écologique séparée, et la zone saharienne. Au cours des 30 dernières années, l’aridité climatique s’est accrue et les isohyètes se sont déplacés d’environ de 200 km vers le Sud.

Vivant principalement de l’agriculture, fortement vulnérable aux facteurs climatiques enchaînant périodes de sécheresse et de pluviométrie abondante, qui entraînent la désertification dans les parties Nord du pays et des inondations dans le Sud.

Caractérisé par la prédominance de plateaux gréseux ou basaltiques ; de plaines partiellement ensablées et des vastes plaines alluviales dans le delta intérieur du Niger. Les sols subissent une dégradation inquiétante et continue causée par les érosions hydriques et éoliennes, l’occupation et l’exploitation irrationnelles…ayant pour conséquences la diminution de la ressource et la perte de fertilité entraînant une décroissance de la productivité.

41% de la superficie totale du Mali font partie du bassin intérieur du désert de Sahara. Le pays partage avec ses voisins deux fleuves d’importance majeure, dont il tire une grande partie de sa richesse hydrique : les fleuves Sénégal et Niger.

Les fleuves apportent, avec leurs affluents, la vie dans des régions qui, sans eux, seraient désertiques. La majorité de la population vit le long des 2 fleuves, qui constituent une importante source d’alimentation en eau et qui ont une grande importance commerciale et agricole.

La menace sur les ressources en eau est multiple et les causes sont d’origine climatique et anthropique : sécheresse récurrente, ensablement des cours d’eau, gestion inappropriée, sédimentation, et différents types de pollution.

L’économie repose essentiellement sur le secteur primaire (agriculture, élevage, pêche) qui occupe 80% de la population et qui contribue à 44% du PIB. Environ 37% du territoire national (surtout dans le Sud) sont cultivés (culture et jachère). Le pâturage est pratiqué sur environ 79% du territoire.

La culture cotonnière et l’élevage contribuent fortement à la balance des exportations du Mali. Ces deux sous-secteurs vitaux sont cependant très vulnérables aux risques de catastrophes naturelles qui affectent le pays : inondations, sécheresse et invasions acridiennes récurrentes.

1.2. Environnement biologique

La flore du Mali présente une grande variété d’espèces. La faune est caractérisée par la diversité des espèces et le nombre réduit des effectifs : pas moins de 136 espèces de mammifères dont 70 espèces de grands mammifères. Certaines sont actuellement en régression, voire en disparition totale. On dénombre au moins 640 espèces d’oiseaux et 143 espèces de poissons.

Les sites les plus riches en biodiversité ont obtenu les différents statuts de protection depuis les années 1950 mais le patrimoine riche et varié est menacé de disparition à cause essentiellement de l’homme (défrichement, surpâturage, braconnage, pêche illicite, feux de brousse, lutte chimique anti-parasitaire et anti-aviaire (pesticides), accroissement démographique) et des aléas climatiques (déficits pluviométriques notamment).

Résultant des quatre zones éco-climatiques et de la présence d’importants systèmes fluviaux, cinq grands types d’écosystèmes existent au Mali.

Depuis les années 70 et l’instauration d’un climat plus aride, les écosystèmes se sont fragilisés favorisant la progression de la désertification, surtout dans les régions du Nord.

La dégradation des ressources naturelles se caractérise par une réduction du potentiel de production agricole et une forte pression sur les ressources forestières.

La désertification provoque l’ensablement du fleuve Niger, des zones agricoles de sa vallée, des agglomérations et des axes de communication.

Il existe d’importantes ressources minérales diversifiées : or, diamant, cuivre, plomb, zinc, fer, phosphate, bauxite, manganèse, uranium, calcaire, gypse et sel et le secteur minier représente un atout pour le pays.

Les exploitations de l’or et des phosphates sont les plus importantes. Les réserves en or sont estimées à 145 tonnes dans les deux principales mines (Sadiola et Siama). Les projections pour 2005 et 2006 prévoient une hausse avec l’ouverture de trois nouvelles mines (Tabakoto, Loulo et Kalana).

L’exploitation des mines peut présenter des impacts sur l’environnement et la santé : déchets, pression sur les terres cultivables, utilisation du cyanure et mercure (orpaillage), nuisances sonores… Des EIE sont réalisées pour l’exploitation minière depuis 2003.

La croissance démographique élevée, l’extension des zones cultivées, l’augmentation des cultures industrielles (notamment coton et riz) et le déplacement progressif de la zone pastorale vers le Sud en raison du phénomène de désertification amplifient la surexploitation des sols entraînant leur appauvrissement, leur érosion et leur ensablement progressifs.

La dégradation des sols est un des facteurs majeurs de l’appauvrissement de la population en milieu rural.

Le domaine forestier couvrait 100 millions d’ha mais uniquement 21 millions (17% du territoire national) ont une réelle production forestière.

Le bois-énergie est la principale source d’énergie pour la cuisson des aliments et les besoins énergétiques secondaires, et contribue à plus de 90% dans le bilan énergétique national.

Selon les estimations, les prélèvements annuels correspondent à un déboisement de près de 600 000 ha et au potentiel annuel de régénération. Moins de 10% de ce bois exploité provient des plantations et est contrôlé par les services forestiers. Un véritable secteur économique s’est constitué en professionnalisant les activités d’exploitation, de transport et du commerce du bois-énergie. Les zones d’approvisionnement des centres urbains s’étendent jusqu’au 200 km autour de Bamako et 150 km autour de Ségou.

L’élevage est l’activité économique la plus importante après l’agriculture. Avec un cheptel estimé à 6.497.000 têtes de bovins et 16.045.000 d’ovins et caprins, le besoin en fourrager dépasse largement la capacité des zones écologiques. Ce surpâturage provoque une diminution des couvertures végétales naturelles et favorise l’érosion et la dégradation des sols. La dégradation des ressources végétales est également fortement amplifiée par les feux de brousse. Selon les estimations, la superficie brûlée chaque année s’élèverait à plus de 9 millions d’ha (soit 7,4% du territoire national).

Globalement, les ressources en eau du Mali ne sont pas rares mais difficiles à mobiliser. La ressource en eau renouvelable est estimée à environ 10 000 m3 par an et par habitant. Cette abondance globale cache des disparités assez fortes, entre le Nord et le Sud ; mais aussi entre les bassins sédimentaires et les zones de socles où le taux de succès des campagnes de forage peut être très faible.

Au Mali, des progrès importants ont été effectués ces dernières années dans la mise en valeur des ressources en eau et l’accès des populations. Malgré de gros efforts en matière d’équipement d’approvisionnement en eau potable, en 2004 plus de 2 226 villages n’avaient pas encore accès à l’eau potable de qualité. Le taux d’accès à l’assainissement reste faible hormis dans les grandes villes et la demande en matière d’assainissement gagnerait à être mieux étudiée.

Une autre caractéristique importante du pays sur le plan de l’usage des ressources en eau est l’importance de l’irrigation (270 000 ha de superficie équipée).

En comparaison avec l’irrigation et l’élevage, l’industrie malienne consomme peu d’eau (environ 4 millions de m3 par an), mais constitue en revanche un souci majeur en termes de pollution des milieux aquatiques.

Les problèmes environnementaux majeurs liés à l’eau sont la variabilité climatique, la qualité et l’accès.

Le secteur de la pêche regroupe près de 500.000 personnes. La pêche au Mali est uniquement artisanale et est faite sur tous les plans d’eau.

La production couvre globalement la demande intérieure et le pays exporte en moyenne 5.600 tonnes par an vers les pays voisins. En règle générale, on peut considérer que la zone deltaïque (80% de la production potentielle) est aujourd’hui pleinement exploitée. Sur les lacs de retenue (barrages de Sélingué et de Manantali) la pêche est une activité qui connaît un essor certain. De nombreux campements de pêcheurs se sont installés sur les berges des lacs de retenue.

L’absence de contrôles efficaces sur la chasse et la consommation/vente de son produit font que pratiquement toute la grande faune a aujourd’hui disparu du Mali. La grande majorité des aires protégées ont été classées pendant la période coloniale. Depuis l’indépendance en 1960, les aires protégées sont en dégradation accélérée dans toutes les régions du pays.

Si des actions vigoureuses ne sont pas entreprises l’essentiel des espèces fauniques pourrait disparaître avant l’an 2020 en raison de la dégradation de leur habitat et des prélèvements illicites et abusifs.

1.3. Environnement socio – économique

La population actuelle du Mali est estimée selon les différentes sources entre 11 et 13 millions. Plus de 80% est concentré sur environ 40% du territoire au Sud du pays.

La population est jeune et s’accroît rapidement (selon les estimations entre 2,2% et 2,7% par an). Elle présente une grande mobilité spatiale, notamment en direction des centres urbains qui connaissent une forte croissance (+5% par an). Si cette dynamique se poursuit, il est estimé qu’en 2020, le taux d’urbanisation sera de 44,6% contre 24,6% en 1996. La forte croissance démographique amplifiée par la rapide urbanisation non – contrôlée accélère la pression sur les ressources naturelles (terre, végétation naturelle, eau…) surtout dans le voisinage des zones urbaines. S’ajoutent les problèmes environnementaux liés à la concentration urbaine, notamment la pollution de l’air, de l’eau et la gestion des déchets, point déjà critiques à Bamako.

Comme plusieurs pays africains, le Mali fait face à la fois à une croissance de sa population, à une diminution de ses ressources alimentaires et à une dégradation galopante de son environnement. Si la tendance vers un climat plus sec se poursuit, le pays doit se préparer à l’accélération de l’exode rural et une forte concentration de la population en milieu urbain et dans le Sud–Ouest du pays, dans les zones relativement humides.

Les ressources naturelles renouvelables du Mali se sont considérablement détériorées. L’environnement subit aussi la pollution liée à l’industrie, l’exploitation des mines d’or, l’insuffisance d’infrastructures et d’équipements d’assainissement, l’artisanat, et l’utilisation d’engrais et de pesticides. De plus, en milieu urbain, une mauvaise ou une absence de gestion des ordures (déchets solides et liquides) crée des conditions de vie insalubres qui dégradent le cadre de vie de la population.

La présence de deux bassins fluviaux et l’étendue du Delta Intérieur du fleuve Niger confèrent au Mali un potentiel hydrique important. Les ressources en eau sont menacées par la dégradation et l’occupation des berges des cours d’eau. La qualité des ressources en eaux de surface et en eaux souterraines est en cours de dégradation à cause surtout de l’activité humaine : activités domestiques, industrielles, minières, agricoles, et dans certains endroits, métaux toxiques et composés chimiques (DDT, lindane) ; prolifération de végétaux flottants envahissants et problèmes liés à la gestion de pesticides obsolètes (lutte anti-acridienne).

Les ressources halieutiques sont menacées par la perte d’habitat à cause de l’ensablement progressif des milieux aquatiques en raison de l’érosion, et de la pollution d’origine diverse des eaux contaminant notamment les poissons, ressource alimentaire et pécuniaire importante pour les communautés.

La capacité des services de l’Etat en matière de suivi environnemental (y compris le suivi de la qualité des eaux) est extrêmement faible au Mali.

Malgré l’évolution remarquable au niveau macro-économique, cette dynamique ne se traduit pas par une amélioration des conditions de vie de toute la population : en effet, plus de 71,6% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté. Le taux de scolarisation a augmenté et a atteint 67,7% en 2003. Mais la proportion d’analphabètes, surtout en milieu rural et chez les femmes est particulièrement élevée. Les indicateurs de santé sont tout aussi faibles que ceux de l’éducation. L’accès à l’eau potable et aux infrastructures d’assainissement n’est pas encore satisfaisant. Les problèmes d’assainissement se posent en ce qui concerne l’évacuation des eaux usées, des ordures ménagères, des eaux pluviales et des déchets solides. La pauvreté au Mali s’est accrue de 28% de 1989 à 1998 dont 40% en milieu urbain et 78,3% en milieu rural. Tant que les politiques économiques du Mali resteront focalisées sur l’établissement des équilibres macro-économiques et non sur le développement humain durable, il est peu probable que la pauvreté et les inégalités sociales baissent. La pauvreté est en définitive la cause majeure de la dégradation des ressources naturelles.

Le taux de croissance démographique national est d’environ 2,2% (BM/BAD) pour les années à venir, avec un taux de croissance d’environ 4% pour Bamako qui comptera en 2015 plus de 2 millions d’habitants. Les centres semi-urbains ont connu récemment un développement très rapide.

Globalement, on constate une détérioration progressive du cadre et de la qualité de vie en milieu urbain due à l’action anthropique avec des conséquences négatives sur la santé et le bien-être des populations (développement de l’habitat précaire, problèmes d’hygiène et d’insalubrité liés notamment à la prolifération des déchets solides et liquides, la pollution des eaux et de l’air, nuisances sonores…).

A Bamako les niveaux de pollution de l’air et de l’eau sont de plus en plus élevés et ont des conséquences sur la santé publique.

Le CSLP (Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté) constitue le cadre de référence unique dans lequel devait s’inscrire la totalité des efforts de développement et de réduction de la pauvreté. Il a été revisé en CSRP (Cadre Stratégique de Croissance et de la Réduction de la Pauvreté), mais intègre toujours faiblement la dimension environnementale.

L’intégration des aspects environnementaux est confrontée aux problèmes liés à la nature transversale du thème : la perception de la notion d’environnement à travers les seuls domaines des ressources forestières et l’insuffisance des indicateurs environnementaux.

Le potentiel énergétique (naturel (hydroélectrique) et renouvelable (solaire, éolien)) du Mali est très important mais est largement sous-exploité notamment à cause des contraintes d’investissement matériel élevé pour les populations et l’insuffisance d’une politique incitative qui permettrait de développer une source d’énergie alternative importante en milieu rural.

Le Mali a cependant adopté une politique/programme de promotion des énergies nouvelles et renouvelables et une agence spécialisée pour le développement de l’énergie domestique et de l’électrification rurale (AMADER) a été mise en place.

Le bilan énergétique national montre qu’environ 90% de l’énergie provient des énergies traditionnelles, 8,4% de produits pétroliers et 1,2% de l’électricité (hydroélectrique et thermique). Il n’y a pas de production d’énergie fossile. Les produits pétroliers sont en totalité importés. Le secteur de l’énergie domestique est d’une importance capitale : l’énergie provenant en quasi-totalité de sources d’énergie traditionnelles (bois de chauffe et charbon de bois), crée une dépendance par rapport à des ressources forestières et constitue une des causes importantes de la déforestation, entraînant sécheresse et désertification à la longue.

Les combustibles de substitution (briquettes combustibles, gaz butane et pétrole lampant) sont encore peu utilisés pour la cuisine par les ménages. La consommation d’énergie des ménages est une des premières sources d’émissions de gaz à effet de serre (GES) du Mali.

La consommation du bois comme principale source d’énergie de chauffage, et surtout celle des combustibles fossiles, dans les unités industrielles, par les automobiles et autres engins à moteur sont à l’origine du rejet dans l’atmosphère d’importants polluants. En milieu urbain, la qualité de l’air est liée aux émissions atmosphériques amplifiées par les inversions climatiques et des facteurs anthropiques. A Bamako, le parc véhiculaire est en forte augmentation et est ancien, la population s’accroît rapidement et la consommation d’hydrocarbures au cours des cinq dernières années s’est accrue de façon très significative.

L’ensemble de ces facteurs, les inversions climatiques et la combustion de bois et des déchets montrent très clairement que les émissions de polluants augmentent et entraînent des risques pour la santé publique (maladies des voies respiratoires notamment). Il est également noté l’absence de contrôle des polluants atmosphériques (absence de normes nationales sur les polluants). Il est important que des mesures soient prises rapidement pour réduire les facteurs principaux de cette dégradation importante de la qualité de l’air dans la capitale.

1.4. Indicateurs environnementaux

Selon le ISI (International Sustainability Index) 2005, le Mali est classé selon 21 aspects. Cette classification internationale est accompagnée de 76 variables. Puisque les données pour 57% des variables ne sont pas disponibles au Mali, la classification n’est pas adaptée au contexte du pays.

En raison de la nécessité d’un suivi environnemental, un groupe national a travaillé sur la sélection d’indicateurs clés pour le suivi de l’état de l’environnement. La proposition d’indicateurs est accompagnée d’une liste des variables et données utiles et, de suggestions pour les instruments pour le suivi des indicateurs. Mais il faudra élaborer une première base de référence et mettre en place un observatoire national fonctionnel chargé du suivi périodique et systématique des indicateurs retenus. Le rapport préliminaire propose également des indicateurs pour l’évolution de la dégradation, pour le suivi de l’ensablement du fleuve et ainsi que des indicateurs génériques.

2.Politique environnementale, cadre institutionnel et législatif

2.1.Politique et législation environnementales

Le Mali a placé la lutte contre la désertification parmi ses préoccupations majeures et a clairement manifesté sa volonté d’intégrer la dimension environnementale dans toutes ses politiques macroéconomiques, transversales et sectorielles. Pour concrétiser cette volonté, le Gouvernement malien a adopté en 1998 le Plan National d’Action Environnementale (PNAE) ainsi que neuf Programmes d’Actions Nationaux (PAN), les Programmes d’Action Régionaux (PAR) et les Programmes d’Action Locaux (PAL).

Cet ensemble constitue la Politique Nationale de Protection de l’Environnement (PNPE) et concerne à la fois l’environnement rural, le milieu urbain et les institutions chargées de la gestion des problèmes environnementaux. Sa mise en œuvre doit s’effectuer à travers les collectivités décentralisées qui sont appelées désormais à prendre en charge leur patrimoine notamment dans le domaine des ressources naturelles. La gestion intégrée des ressources naturelles est inscrite dans les différentes politiques de développement (notamment les secteurs eau, agriculture, forêts et élevage).

Depuis l’adoption de la PNPE en 1998, le cadre législatif et réglementaire s’est enrichi de nouveaux textes de lois pour une meilleure prise en compte de la dimension environnementale dans le processus de développement. L’instauration d’une procédure d’EIE a été rendue obligatoire par décret (juillet 1999, modifié en décembre 2003) et permet de faire intervenir les administrations concernées au processus de prise de décision en amont, pendant et après l’installation et la mise en œuvre d’une entreprise ou activité.

Le processus d’évaluation environnementale en vigueur au Mali respecte des normes minimales dans ce domaine mais montre deux faiblesses : la revue des préoccupations du public et les dispositions de suivi environnemental. Des initiatives à travers le projet PADELIA devraient doter prochainement le Mali d’un code de l’environnement. Concernant la biosécurité, un cadre national a été validé en 2005 et des projets de textes de lois sont en préparation.

De plus, le Mali a signé et ratifié une trentaine de conventions, accords et traités internationaux relatifs à l’environnement. Conscient des enjeux de la problématique de la gestion des zones humides et de leurs ressources, des principes du droit international et de ses engagements internationaux, le pays a adhéré aux organisations et programmes sous-égionaux. Mais les textes internationaux ne sont pas tous intégrés dans la législation malienne.

Bien que de nombreux textes législatifs existent dans l’ensemble des domaines relatifs à l’environnement, les caractères sectoriels, les problèmes de capacités organisationnelles et de leur stabilité, l’insuffisance des ressources humaines de certaines structures surtout aux niveaux régional et local et le non transfert de la gestion des ressources naturelles aux collectivités territoriales rendent difficile leur application correcte.

2.2.Cadre institutionnel en matière d’environnement

« Toute personne a droit à un environnement sain. La protection, la défense de l’environnement et la promotion de la qualité de la vie est un devoir pour tous et pour l’Etat » - disposition de l’article 15 de la Constitution du 25 février 1992, de la République du Mali est la base de toute la logique de la protection de l’environnement au Mali.

Les institutions en charge de la conception et de la mise en œuvre des dispositifs législatifs au Mali (y compris les accords et traités internationaux signés et ratifiés par le Mali) sont : le Gouvernement, l’Assemblée Nationale, le Conseil Economique Social et Culturel, le Haut Conseil des Collectivités et le Cadre Institutionnel de la Gestion des Questions Environnementales (CIGQE).

Dans le cadre de la mise en œuvre de la CCD et pour atteindre les trois objectifs de la PNPE, a été créé par décret en 1998, le Cadre Institutionnel de la Gestion des Questions Environnementales (CIGQE) composé d’un Comité Interministériel (présidé par le Ministre en charge de l’environnement), d’un Comité Consultatif (composé de représentants du secteur public, du secteur privé et de la société civile) et d’un Secrétariat Technique Permanent (STP). Le STP est la structure technique en charge de suivre la mise en œuvre des PAN et des décisions des deux comités et veiller à la cohérence des mesures à prendre pour la sauvegarde de l’environnement, promouvoir et évaluer les actions de recherche, de formation et de communication sur la sauvegarde de l’environnement et la lutte contre la désertification, assurer la coordination des activités de mise en œuvre de la PNPE, et promouvoir et faciliter la mobilisation des ressources financières. Le décret fixant le CIGQE en constitue la base légale et permet l’intégration de l’environnement dans la politique malienne.

En mai 1999, le Ministère en charge de l’Environnement a organisé une table ronde des bailleurs de fonds au cours de laquelle a été présenté un programme d’actions prioritaires. Puis par décret en janvier 2000, le Gouvernement a créé la Commission paritaire regroupant le Gouvernement et les bailleurs de fonds pour le suivi des recommandations de la table ronde et le financement de l’environnement. Les bailleurs de fonds ont alors organisé un groupe thématique spécifique pour l’environnement dont le chef de file est l’Allemagne.

Le cadre institutionnel du secteur de l’eau est caractérisé par plusieurs intervenants. L’ensemble du secteur de l’eau est placé sous la responsabilité de la DNH (MMEE) mais l’assainissement est sous la responsabilité du MEA. En milieu urbain, il existe un régulateur formel du secteur de l’eau, la CREE, compétent pour l’eau et l’électricité.

Il n’existe pas à proprement dit de structure de gestion des catastrophes naturelles. Suivant leur nature, elles sont gérées par des institutions sectorielles. Une coordination intersectorielle sous la supervision de la Primature est mise en place pour mieux assurer les actions d’urgence. Le Ministère de la Sécurité Intérieure et de la Protection Civile – Direction Générale de la Protection Civile est l’organe coordinateur des actions de prévention et de gestion des secours.

Les capacités et moyens du ‘jeune’ MEA et des institutions liées (STP, DNCN, DNACPN, ABFN) sont encore faibles. Le MEA est confronté à des difficultés institutionnelles, financières et humaines : rôles et tâches et missions par rapport aux autres ministères ne sont pas suffisamment clarifiés. Cette situation rend l’intégration transversale des aspects environnementaux difficile. De plus, les structures ne disposent pas de moyens techniques et financiers suffisants pour assurer leur mission de contrôle et de suivi sur le terrain.

Moteur de changement des organisations et des méthodes, la décentralisation a été engagée comme un processus d’adaptation de l’Etat. Les fondements de cette réforme reposent sur la responsabilisation des acteurs ; citoyens et société civile, l’instauration de nouvelles relations de partenariat avec l’Etat, la participation des citoyens, des partis politiques, des acteurs de développement (ONG, associations).

Les collectivités territoriales sont les premiers responsables de la mise en œuvre des plans locaux du développement économique social et culturel (PDESC), viable et durable basé sur l’exploitation des ressources naturelles. L’esprit des textes de la décentralisation offrirait un cadre spatial et institutionnel idéal d’appropriation de la gestion des ressources naturelles et de la protection de l’environnement par les communautés. Les communes disposent depuis 2001 d’une ouverture pour le financement des investissements dans des infrastructures socio-économiques, services sociaux, et d’initiatives dans le domaine de la protection et la gestion des ressources naturelles (FICT). Le Programme Communal d’Actions Environnementales, outil de planification pour une meilleure prise en compte de l’environnement dans les PDESC, est en cours de vulgarisation dans toutes les communes. Le transfert de compétences dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de l’hydraulique a été rendu effectif. Mais la gestion décentralisée des ressources naturelles ne l’est pas encore.

En l’absence de transfert, les ressources naturelles sont fortement dégradées et continuent d’être exploitées entraînant des conflits intra et intercommunautaires. Le contrôle de l’accès au foncier et aux ressources naturelles est un enjeu important.

Le Mali possède aujourd’hui une société civile dynamique, ce qui s’est notamment traduit par la mise en place des associations, des ONG et de l’Union des exploitants. La plupart des ONG est organisées en réseaux. Malgré la volonté politique d’intégrer la société civile, l’application connaît plusieurs problèmes et faiblesses, notamment le stade embryonnaire des ONG nationales par rapport à l’autofinancement et la faible intégration des autres structures de la société civile (Université, instituts de recherche) en dehors des ONG.

2.3. Intégration de l’environnement dans les principaux secteurs d’intervention

La PNPE de 1998 est la première politique du Gouvernement pour l’intégration transversale des aspects environnementaux dans tous les secteurs. Depuis 2003, les EIE ont été rendues obligatoires pour toutes les activités et projets ayant un impact potentiel sur l’environnement (notamment les projets routiers).

Une des priorités de la politique sectorielle en matière de santé est le respect et la protection de l’environnement. La nécessité de l’éducation environnementale est prise en compte par le Gouvernement à travers des programmes financés par les bailleurs de fonds. Les stratégies sectorielles nationales et des codes, intégrant les aspects environnementaux, ont été élaborés entre 2001 et 2005 pour l’agriculture, l’élevage, l’énergie, le reboisement, l’eau…mais un code de l’environnement n’a pas été élaboré à ce jour.

Le code forestier a été révisé plusieurs fois. En dehors des stratégies sectorielles, le Gouvernement n’a pas encore élaboré de stratégie nationale pour le développement durable (document abordant les principaux enjeux environnementaux) suite à son engagement à Rio en 1992 et l’Agenda 21 (actuellement, seul un pays africain, le Burkina Faso, a participé à cette initiative).

3.Coopération de l’UE et des autres bailleurs avec le Pays en matière d’environnement

Les pays européens accompagnent depuis des longues années le Mali dans ses efforts de protection et de gestion durable de son environnement et des ressources naturelles. Les programmes environnementaux sont appuyés surtout par la coopération bilatérale de l’Allemagne, de la France, de la Suède, des Pays–Bas, de la Belgique et de l’EU (via le FED). Un grand nombre de programmes/projets environnementaux ou avec un impact indirect sur l’environnement sont financés par les bailleurs hors UE, notamment Banque Mondiale, FEM, PNUE, FAD, BOAD, BID, coopération Suisse, USAID et coopération Canado malienne. Les aspects environnementaux sont pris en compte soit par des projets spécifiques soit comme composante intégrée dans les programmes sectoriels ou régionaux.

Les PTF tiennent des réunions de concertation « environnement » relativement régulières afin de pallier au fait que le Comité consultatif n’ait jamais réellement joué son rôle. La coopération allemande (GTZ) est chef de file et point focal pour les thèmes environnementaux au Mali. Ce mécanisme de coordination connaît certaines faiblesses et n’est pas encore considéré par toutes les parties concernées comme un instrument proactif d’harmonisation des interventions.

Jusqu’au 8e FED les programmes environnementaux ont été un secteur spécifique de la coopération de UE – Mali notamment au travers de programmes récents tels que le programme environnemental d’appui à la lutte contre la désertification (PEALD) et le programme AGIR (déjà clôturé).

A partir de 9ème FED, la coopération UE – Mali s’est concentrée sur les secteurs suivants : transports et infrastructures routières, appui au renforcement institutionnel et à la décentralisation et l’aide budgétaire macro - économique. Le 9ème FED ne prévoyait plus d’appui spécifique en matière d’environnement, mais a ambitionné l’intégration transversale dans les différentes interventions. Selon les prévisions, ces activités seront intégrées progressivement dans la politique de décentralisation.

4.Conclusions

Tous les programmes de développement non pas encore contribué à une amélioration significative des conditions de vie de la grande majorité de la population. L’accroissement démographique, la pauvreté générale et certains objectifs macro-économiques restent le moteur de la dégradation de l’environnement.

L’état de l’environnement se détériore malgré la bonne connaissance et la compréhension des processus de dégradation dans la plupart des domaines (notamment les facteurs de la désertification). Il n’existe que très peu d’éléments quantitatifs au niveau national de l’évolution de l’état de l’environnement.

Une grande partie des stratégies nationales, lois et décrets nécessaires dans le secteur de l’environnement a déjà été élaborée de façon sectorielle. Cependant, il manque un code de l’environnement permettant la mise en œuvre efficace et transversale des textes législatifs sur le terrain. Le Gouvernement n’a pas encore élaboré une stratégie nationale pour le développement durable (NSSD) pouvant faciliter l’intégration transversale de l’environnement dans tous les secteurs.

Les différentes structures étatiques sont caractérisées par des restructurations récurrentes. Ceci est la cause de plusieurs problèmes actuels notamment : le manque de ‘mémoire institutionnelle’ et le manque de clarté des missions, rôles et tâches entraînant confusion et parfois duplication. Les capacités du ‘jeune’ Ministère de l’Environnement de l’Assainissement sont extrêmement faibles en ce qui concerne les ressources humaines et financières, et surtout pour le suivi-évaluation-contrôle et l’intégration transversale des aspects environnementaux avec les autres secteurs.

L’ensemble des activités, des programmes nationaux et de l’appui international s’inscrivent dans la politique nationale de la décentralisation qui responsabilise les collectivités territoriales pour la mise en œuvre des programmes. La décentralisation a de fortes potentialités pour une meilleure gestion des ressources naturelles mais le processus de déconcentration et du transfert des compétences dans ce domaine est beaucoup trop lent.

Présenté par : Ibrahima DIAKITE Chef BCFR STP/CIGQE

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Profil Environnemental du Mali par adlal, rhapsodan@gmail.com le : 6 septembre 2012

Cher frère, je consens que vous continuiez à faire de grandes choses, furent troublés. Mer, nous étions stupides, avec cette avidité passionnante que donne à la physionomie de l’amour vrai se désole et s’enchante pour un gant perdu ou pour un fou. Occupez-vous d’eux, découvrent leur visage, reprit-elle. Fils d’un minotier du côté de l’homme assassiné, et la pénétrante et charitable influence de la contenance héroïque de son prisonnier, malgré la bise d’octobre. Auprès d’un gros chien. Menez-moi dans l’oratoire de la reine fut le carrosse de la reine d’amour.


"Initiatives Mali Gateway"

est un site dédié à la promotion des initiatives locales de développement du Mali. Il s’agit d’activités initiées et conduites par des organisations ou des personnes du Mali qui font une réelle différence sur le développement local.

 

Il s'investit dans la capitalisation et la mise en valeur des bonnes pratiques ainsi que dans l'accès à l'information sur le développement par internet. C’est une fenêtre ouverte sur le dynamisme de la société malienne ; c’est aussi un outil de communication entre les acteurs locaux et leurs partenaires au développement.

Edité par Axe Formation, Initiatives Mali Gateway réunit des partenaires diversifiés (organisations de la société civile, services techniques, partenaires au développement). Il est affilié au réseau des Country Gateway (Fondation Development Gateway). Voir Qui sommes-nous

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