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Présentation de l’état de la mise en oeuvre de la convention cadre des Nations Unies pour les changements climatiques et du protocole de Kyoto au Mali
Dans le cadre de la conférence du réseau des journalistes africains pour l’environnement, Bamako, mai 2008.
Considérations générales
Une décroissance régulière de la quantité de pluie, et une grande variation spatio-temporelle.
Une augmentation des températures du Sud-ouest vers le Nord-est avec des maximales relevées au cours de l’année pouvant atteindre ou dépasser les 45°C tandis que les minimales sont rarement en dessous de 10°C.
Cela provoque des impacts pratiquement sur tous les secteurs (agriculture, élevage, foresterie, énergie, pêche, biodiversité, ressources en eau, dégradation des sols et du couvert végétal, etc.).
Baisse significative de la pluviométrie
Au Mali, on note de nos jours en moyenne une baisse de la pluviométrie de 20% entre la période 1951 – 1970 (période humide) et la dernière période de référence 1971 – 2000 (voir figure suivante) entraînant un déplacement des isohyètes de 200 km vers le Sud.
L’isohyète 1200 mm n’existe plus sur la carte du Mali : ce qui prouve que le régime pluviométrique au Mali est très affecté par la variabilité et les changements climatiques.
Augmentation de température
| Stations | 1951-1970 °C | 1971-2000 ° C | Différence °C |
|---|---|---|---|
| Kayes | 36,3 | 36,5 | +0,2 |
| Bamako Sénou | 34,4 | 34,5 | +0,1 |
| Sikasso | 33,7 | 33,9 | +0 ?2 |
| Ségou | 34,8 | 35,3 | +0,5 |
| Mopti | 35,0 | 35, 9 | +0,9 |
| Gao | 37,1 | 37,3 | +0,2 |
| Kidal | 36,1 | 36,2 | +0,1 |
Le Mali a signé la CCNUCC le 22 Septembre 1992 et l’a ratifiée le 28 Décembre 1994. A l’instar de tous les pays qui on ratifié la Convention, le Mali est tenu de :
Préparer et soumettre des « communications nationales » contenant des informations sur les inventaires des émissions de gaz à effet de serre par source et sur leurs « puits nationaux » ;
Exécuter des programmes nationaux pour atténuer les effets néfastes des changements climatiques et s’adapter à ces perturbations climatiques ;
Sensibiliser le grand public par rapport aux effets néfastes des changements climatiques et à leurs incidences probables.
Programme Régional de Renforcement de capacités
Le Mali a pris part à tous les travaux du Comité Intergouvernemental de négociation qui ont abouti à l’élaboration de la Convention. Afin d’aider les pays en développement à respecter les dispositions de la Convention, certains mécanismes financiers mis en place à cet égard ont permis le financement de projets au Mali.
C’est ainsi que le Fonds pour l’Environnement Mondial (FEM) a financé un Programme Régional de Renforcement des capacités RAF/93/G31 coordonné par ENDA TIERS MONDE (DAKAR) au niveau régional et par le CNRST au niveau national et couvrant le Ghana, le Kenya, le Mali et le Zimbabwe. Ce projet a démarré en 1996.
Les activités menées par le projet ont porté sur :
la formation d’experts locaux en matière d’inventaire des émissions de gaz à effet de serre, d’analyse de vulnérabilité et d’adaptation, d’atténuation des effets des changements climatiques ainsi que l’information et la sensibilisation du public ;
l’organisation de séminaires de formation et d’ateliers nationaux ;
la participation à des rencontres régionales et internationales concernant les domaines d’intérêts du projet et ;
la mise en place des organes du projet au niveau national et régional.
Première Communication Initiale du Mali
Un autre projet a démarré en 1999 pour aider le Mali à préparer sa communication nationale initiale et à la soumettre à la conférence des Parties. Ce projet visait en outre la sensibilisation sur les changements climatiques, le développement de la connaissance de ce phénomène et les questions qui y sont liées, le renforcement les échanges d’information et la coopération entre toutes les Parties prenantes, (État, ONG, Universités, etc.)
Les groupes de travail thématiques constitués ont produit des rapports sur les stratégies d’atténuation de l’impact des changements climatiques dans les secteurs de l’agriculture, foresterie, élevage et énergie, ainsi que la vulnérabilité/ adaptation dans les secteurs de l’agriculture et les ressources en eau.
La communication nationale initiale a été finalisée lors d’un atelier national qui a regroupé, en plus des participants nationaux, les représentants de toutes les régions du pays. Cette communication nationale a été présentée à la Conférence des Parties qui s’est déroulée aux Pays-Bas en novembre 2000.
Activités habilitantes Phase II
Toujours avec l’appui du PNUD/FEM, le Mali a bénéficié d’un financement dans le cadre des activités habilitantes de phase II des changements climatiques.
Ce projet était domicilié au STP/CIGQE et les activités qui ont été exécutées comprennent :
l’identification des besoins technologiques en matière de changement climatique,
le renforcement du système d’observation systématique.
l’élaboration de paquets technologiques pour la formation, l’information et la sensibilisation dans le domaine des changements climatiques
la formation des partenaires (publics, privés et ONG) aux études et à l’élaboration de projets dans le domaine des changements climatiques, l’organisation d’ateliers et de séminaires de formations.
Projet IGES (14 Pays)
En 2004, le Mali a bénéficié d’un projet de renforcement de capacités en plus de 13 autres états de l’Afrique de l’Ouest et Afrique Centrale Francophone pour améliorer la qualité des inventaires de Gaz à Effet de Serre (Projet PNUD/FEM RAF 02 G31). Ce projet est domicilié au STP/CIGQE. Ce projet doit servir à préparer la prochaine communication nationale du Mali.

Le projet vise quatre objectifs immédiats :
Amélioration des arrangements nationaux relatifs à la compilation, l’archivage, l’actualisation et la gestion des inventaires des GES
Promotion d’un cadre institionnel durable pour pérenniser la tenue des inventaires
Renforcement des capacités techniques pour la préparation des invenataires nationaux
Amélioration des coefficients d’émission et méthodes
Projet PANA
Le Projet PANA (Programme d’Action Nationale d’Adaptation) vient d’être bouclé. Il avait pour but d’identifier des projets prioritaires d’adaptation aux effets néfastes des Changements Climatiques pour le Mali.
Les experts ont dans ce cadre identifié dans un premier temps les zones vulnérables ;
Ils ont ensuite élaboré des fiches de projets PANA pour ces zones à partir de la documentation existante.
Enfin des concertations locales ont été organisées dans les zones rurales. Les recommandations issues de ces concertations ont été intégrées dans les fiches de projets qui avaient été élaborées par les experts.
Ce document a été d’abord validé au niveau national. Ensuite il a été soumis à la 13ème Conférence de la Convention Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (COP 13) qui s’est tenu à Bali (Indonésie) du 03 au 14 Décembre 2007. 19 projets prioritaires d’adaptation aux effets néfastes des changements climatiques ont été élaborés dans le cadre du PANA MALI, dont un projet nommé « Vulgarisation des variétés améliorées et adaptées aux conditions climatiques des principales cultures vivrières ( mil, sorgho maïs et riz ) » est en voie d’être financé par le FEM (le processus de financement est déjà lancé).
Seconde Communication Nationale du Mali
L’atelier de lancement de la seconde communication du Mali a été organisé le 29 janvier 2008 et les activités ont déjà commencé. Ce projet est financé par le FEM/PNUD. Les résultats du PROJET IGES seront exploités pour améliorer la qualité des inventaires de cette seconde communication nationale.
L’année 2000 a été retenue comme année de base, donc les données d’activités seront celles de 2000.
Financement bilatéral
Pour la mise en œuvre de la CCNUCC, le Mali a aussi bénéficié de financement bilatéral provenant de pays comme les Pays Bas, le Danemark, la Norvège, La France, etc.
Exemples de financement bilatéral : NCAP (PAYS-BAS)
Phase I -3 études ont été financées :
Élaboration d’un scénario climatique pour le Mali ;
Vulnérabilité et adaptation des ressources en eau aux effets néfastes des changements climatiques dans les bassins du Sankarani et du Baoulé ;
Vulnérabilité et adaptation du mais et du coton aux effets néfastes des changements climatiques à Sikasso, Bougouni, Dioila, Koutiala.
Phase II : d’autres études ont été financées, elles concernent trois communes : Diouna, Massabla et Kiban :
Perception des changements climatiques par les groupes sociaux les plus vulnérables dans les trois communes ;
Vulnérabilité des trois communes aux effets néfastes des CC et évaluation des coûts d’adaptation ;
Étude sur les utilisateurs finaux des ressources en eau et dialogue avec le communautés ;
Identification et sélection des Technologies Appropriées de Gestion des Ressources en Eau.
Élaboration de Stratégies d’Adaptation des Ressources en Eau aux Effets des Changements Climatiques.
Qu’est ce que le protocole de KYOTO ?
Le protocole de Kyoto est un prolongement essentiel de la Convention-cadre sur les Changements Climatiques (CCCC). Le protocole de Kyoto a été adopté le 11 décembre 1997 (6ème conférence des Parties) : il affiche, dans le prolongement de la CCCC, la nécessité de lutter contre les changements climatiques par une action internationale de réduction des émissions de certains gaz à effet de serre, responsables du réchauffement planétaire.
Dès le mois de décembre 1997, 180 pays ont signé à Kyoto le protocole, le texte fixe des obligations certaines pour les pays développés : 38 pays industrialisés s’obligent ainsi à abaisser leurs émissions de gaz à effet de serre entre 2008 et 2012 à des niveaux inférieurs de 5,2 % à ceux de 1990.
Les mesures concrètes à mettre en oeuvre
Pour la mise en œuvre, trois grands mécanismes de flexibilité ont été suggérés :
Le permis d’émission (cette disposition permet de vendre ou d’acheter des droits à émettre entre pays industrialisés). En effet, ce système revient à créer un marché où s’échangent des droits d’émissions. Les pays qui auront su développer une technologie permettant de réduire leurs propres émissions pourront alors vendre un permis (il s’agit en pratique de quotas), équivalent à cette réduction, aux pays demandeurs en droits d’émissions supplémentaires.
La mise en œuvre conjointe (MOC) : elle permet, entre pays développés de procéder à des investissements visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre en dehors de leur territoire national et de bénéficier des crédits d’émission générés par les réductions ainsi obtenues genre d’opérations peut se réaliser par le biais de centrales solaires ou des éoliennes ou bien encore grâce à des plantations contribuant à absorber le CO2 (constitution de puits de carbone).
Le mécanisme de développement propre (MDP) : il est similaire au dispositif précédent, à la différence que les investissements sont effectués par un pays développé dans un pays en développement. Les pays industrialisés pourront obtenir des crédits d’émissions s’ils financent des projets de réduction d’émissions dans les pays en développement de réduction des émissions de GES n’est pas effectué dans le pays développé, mais dans un PED ; ce qui permet de remplir l’objectif de réduction à un moindre coût.
Signature et mise en oeuvre au Mali
Le Mali a signé le protocole de Kyoto le 27 janvier 1999 ;
Il l’a ratifié le 28 décembre 2002 ;
Une Autorité Nationale Désignée (AND) a été mise en place par le STP/CIGQE,
Un Point Focal National pour le Mécanisme de Développement Propre (MDP) a été désigné ;
Le Mali paye régulièrement sa contribution au Protocole de Kyoto ;
Des ateliers de formation et de formulation de projets ont été organisés par l’AND-Mali, l’ONG MalifolkCenter, la Banque Mondiale et le PNUE ;
Les projets
Des projets MDP ont été élaborés :
le programme solaire Photovoltaïque,
la valorisation de la plante pourghère,
la carbonisation et production de briquettes de déchets végétaux) ;
Endossement du PIN (idées de projet MDP) pour le projet d’aménagement hydroélectrique de Kénié présenté par la société STUCKY SA et la Direction Nationale de l’Énergie ;
Soumission de cinq autres projets MDPables à l’atelier de Montréal d’avril 2005 :
Barrage de Sotuba II (Bamako) ;
Barrage de Markala (Ségou) ;
Barrage du Felou ( Kayes) ;
Utilisation du biogaz domestique (Sikasso) ;
Projet de récupération de méthane et production d’électricité en décharge à Noumoubougou (Koulikoro) ;
Endossement en juillet 2005 de deux projets MDPables portant sur la plantation d’Acacia senegal et la production de charbon de biomasse présentés par DEGUESSI GROUPE SA.
Formation de deux experts locaux dans le domaine du MDP sur financement de l’ONUDI (Un expert relevant de l’Autorité Nationale Désignée et un expert du secteur privé).
Présenté par Dr.Ing. Sidi KONATE, Maître de conférence à l’École Nationale d’ingénieurs ABT DE Bamako, Coordinateur du projet IGES
Pour d’autres informations, voir Profil Environnemental du Mali et 3 ème conférence internationale des journalistes africains de l’environnement
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