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Dans un communiqué publié le 6 février 2005, à New York, l’Unicef a appelé les gouvernements à intervenir rapidement pour mettre fin à cette pratique nocive que sont l’excision et les mutilations génitales féminines.
"Les mutilations génitales féminines et l’excision constituent une violation des droits les plus élémentaires des femmes et des filles, a affirmé vendredi Carol Bellamy, Directrice Générale de l’UNICEF, à la veille de la Journée internationale de tolérance zéro pour les mutilations génitales féminines. Il s’agit là d’une procédure dangereuse et irréversible qui a des répercussions négatives sur la santé des femmes et des filles, leur aptitude à mettre des enfants au monde et leur éducation".
Plus de cent trente millions de femmes et de filles ont subi des mutilations génitales féminines et excisions, des pratiques qu’on retrouve dans des pays allant du Sénégal et du Mali au Yémen et à Oman. Ces mutilations se pratiquent également dans certaines régions d’Asie du Sud-Est et on en constate la prévalence parmi les populations immigrées en Europe, en Amérique du Nord et en Australie.
Carol Bellamy a affirmé que l’élimination de toutes les formes de mutilations génitales féminines/excision est un élément indispensable à la réalisation de deux des "Objectifs du Millénaire pour le Développement" : l’amélioration de la santé maternelle et l’égalité entre les sexes. Elle a de nouveau exhorté les États à respecter leur promesse de renoncer à ces pratiques. La session extraordinaire des Nations Unies consacrée aux enfants en 2002 s’était fixée comme objectif, avec l’approbation de 69 chefs d’Etat et de gouvernement et de 190 délégations nationales de haut niveau, de mettre fin aux mutilations génitales féminines et à l’excision d’ici à 2010.
L’UNICEF est convaincu que pour mettre fin à ces pratiques, les nations doivent créer un environnement protecteur pour les enfants, non seulement par le biais de l’éducation mais aussi dans le cadre du développement économique et social du pays. Il est nécessaire d’adopter des approches intégrées tenant compte des spécificités culturelles afin de pouvoir aborder le sujet au sein de la population et de commencer à modifier les comportements envers les mutilations génitales féminines et l’excision, une tradition ancienne considérée par beaucoup de sociétés comme une obligation religieuse.
Le Centre de recherches Innocenti de l’UNICEF, situé à Florence, est en train de préparer une synthèse sur le sujet qui sera publiée en 2005.
La majorité des bureaux de l’UNICEF dans les pays où les mutilations génitales féminines et l’excision sont fréquentes collaborent à présent avec les diverses communautés pour les inciter à abandonner cette pratique. Il s’agit entre autres des pays suivants : Sénégal, Gambie, Guinée, Niger, Mauritanie, Burkina Faso, Tchad, Bénin, Togo, Nigeria, Ghana, Kenya, Tanzanie, Égypte, Soudan, Éthiopie, Érythrée, Djibouti, Yémen et Oman.
L’UNICEF travaille en étroite collaboration avec des organisations non gouvernementales (ONG), afin de mettre fin aux mutilations génitales féminines. Parmi ses partenaires, AIDOS, une ONG italienne, No Peace without Justice ; RAINBO, Organisation Internationale Africaine qui a son siège au Royaume-Uni, et Tostan au Sénégal. Le Comité Interafricain sur les pratiques traditionnelles affectant la santé des femmes et des enfants, qui a son siège à Addis-Abeba, est également un partenaire important.
Source : UNICEF, Nations Unies, février 2005
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