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Partenariat SECO-ONG/Axe Formation : Capitaliser les bonnes pratiques en développement

Promotion des écoles communautaires dans la région de Sikasso

ONG Groupe de Recherches et d’Applications Techniques (GRAT)

© Initiatives Mali Gateway : Boubacar Maïga , 2007
Article publié le 15 février 2007
http://initiatives-mali.info/spip.php?article837

Appuyer l’éducation

Le Groupe de Recherches et d’Applications Techniques (GRAT), créé en mars 1980, est une ONG malienne à but non lucratif dont l’agrément en République du Mali a été obtenu en juillet 1983. Le GRAT a pour mission de contribuer au développement socio-économique et culturel des populations au Mali et à l’étranger, de participer activement aux débats sur les stratégies de développement national et international. Elle est signataire de l’accord cadre ONG Gouvernement du Mali.

Le GRAT depuis sa création évolue dans le domaine de :
- la recherche-action,
- l’adaptation et transfert de technologie,
- la promotion et vulgarisation de techniques et technologie par la diffusion des résultats de recherche en milieu potentiel d’utilisation,
- l’appui à la formation et l’accroissement des compétences professionnelles,
- l’appui aux programmes et projets d’initiatives locales de développement, la tenue d’un centre de documentation etc...

Considérant la politique nationale de l’éducation et le souci constant pour chaque communauté de se doter d’une école pour un développement durable, la promotion des écoles communautaires s’avère indispensable pour pouvoir influer sur le taux de scolarisation au Mali. En effet, malgré les efforts consentis par le Gouvernement et les partenaires au développement dans le secteur de l’éducation, les conditions socio-économiques surtout dans le milieu rural, ne favorisent guère la scolarisation des enfants. La sous scolarisation des filles de façon générale, et particulièrement celles des filles rurales, est aussi une préoccupation fondamentale.

Suite à ces constats, Save the children USA a décidé d’appuyer les efforts du Gouvernement dans le domaine de l’éducation et principalement dans la région de Sikasso. Un appel d’offre a été lancé pour l’exécution du projet et GRAT a été retenu pour intervenir dans les cercles de Yanfolila, Kadiolo et Kolondiéba. La période du projet s’étendait de septembre 1995 à juin 2003 pour un coût total de 460.000.000 Fcfa. Au total, le projet a mobilisé 10 animateurs, 2 superviseurs et 1 Coordinateur.

Les fondements du projet

Les hypothèses s’articulaient autour de deux (2) aspects :

a) au niveau de la communauté :

- L’éducation d’un enfant est un droit et un devoir infaillible pour tout parent et communauté
- La participation communautaire passe par une implication des communautés à toutes les phases du processus et leur responsabilisation dans la gestion des écoles
- Les communautés disposent des ressources humaines, matérielles et financières pour l’éducation de base de leurs enfants
- Les communautés sont capables de s’organiser et générer des ressources pour soutenir leurs actions de développement.

b) au niveau du système scolaire :

- La politique nationale du Mali se prête à une décentralisation de l’éducation et favorise de bons rapports au sein de la communauté éducative
- Le coût de l’éducation sera réduit sans affecter la qualité de l’enseignement.

La région de Sikasso est considérée à l’époque comme étant une zone de production par excellence, mais elle enregistre un faible taux de scolarisation.

L’initiative de promouvoir la scolarisation des enfants vise à :
- attirer l’attention de la communauté pour plus de conscientisation et de responsabilité dans l’éducation des enfants
- contribuer à la scolarisation de tous les enfants des zones couvertes par le projet, en donnant la priorité aux jeunes filles,
- accroître l’accès et la qualité de l’éducation de base en minimisant le coût y afférant,
- responsabiliser les communautés avec leur participation accrue a la gestion de l’école,
- aider les villages à se doter d’une école
- promouvoir un développement endogène et auto-gérer des communautés.

Le projet avait pour mission de conscientiser les communautés aux problèmes de scolarité des enfants, d’amener les communautés à une contribution, de mettre en place des comités de gestion pour un soutien de l’environnement scolaire. Il fait l’objet d’une véritable négociation sociale avec les communautés.

Une communauté mobilisée pour la scolarisation des enfants

Cette stratégie a amené les communautés à s’impliquer et à mobiliser davantage de ressources pour l’éducation des enfants. Ceci a permis également de développer les activités de collaboration avec les communautés, entre autres :

1- Des activités de collaboration

- L’identification des villages avec le concours des autorités locales
- La sensibilisation et la conscientisation des communautés de l’enjeu de l’éducation en rapport avec la démocratisation
- Le recrutement des élèves et des enseignants
- L’encadrement des enseignants et l’environnement scolaire
- La mise en place et le renforcement des capacités des comités de gestion
- La construction et équipement des nouvelles salles de classe
- L’organisation des actions de plaidoyer pour la promotion des écoles communautaires
- La gestion administrative et financière des écoles communautaires
- La collaboration avec l’administration scolaire et les autorités locales.

2- Des activités d’accompagnement pour une scolarisation forte

- L’initiation à des activités génératrices de revenus avec les groupements féminins dans les villages où existe l’école
- La mise en oeuvre des fédérations communales des écoles communautaires.

La participation communautaire a aussi porté sur les activités suivantes :

- L’installation des comités de gestion
- La construction et l’entretien des bâtiments scolaires
- Le recrutement des élèves
- Le choix des enseignants et leur suivi
- L’exécution des activités génératrices de revenus et la gestion des ressources et biens de l’école
- La prise en charge des motivations des enseignants
- La collaboration avec les associations des parents d’élèves (APE) et les autorités locales.

Des résultats encourageants

L’exécution de ce projet a permis d’enregistrer les résultats suivants :

- 76 écoles fonctionnent avec 133 salles équipées comprenant tous les niveaux de formation de la 1ère à la 6ème année. (année d’obtention du Certificat d’Etudes Primaires CEP),
- 76 comités de gestion existent pour la gestion des établissements scolaires et de son environnement,
- 4.576 élèves fréquentent les écoles communautaires, dont 2.101 filles
- 133 enseignants ont été recrutés, dont 12 femmes
- le taux de réussite à l’examen du CEP est passé de 62 à 66,93% pour l’année scolaire 2002-2003 avec 750 candidats,
- Les comités de gestion sont initiés à la tenue des documents de gestion
- Les élèves et les enseignants disposent de matériels didactiques et de manuels
- L’accès et la qualité de l’enseignement sont améliorés
- L’assainissement de l’école (nettoyage, reboisement, point d’eau)
- Les groupes féminins sont organisés et génèrent des ressources
- Les élèves pratiquent l’élevage de la volaille, de petits ruminants et le maraîchage.

Des difficultés à surmonter

Il faut cependant noter que les écoles communautaires, bien que favorablement accueillies par les communautés, ont connu quelques difficultés notamment :
- Le problème de reconnaissance des écoles communautaires au départ par les autorités scolaires
- Le pouvoir d’achat limité des villages pour le soutien de l’école
- Le faible niveau des enseignants
- L’analphabétisme des membres des comités de gestion
- Le manque ou l’insuffisance des matériels didactiques et manuels scolaires
- Le retrait de l’ONG.

Cas de succès

Malgré ces difficultés, quelques villages se sont distingués en posant des actes louables.
- Les communautés ont contribué (main d’oeuvre et matériaux) à la construction des classes et latrines en dur,
- des garderies d’enfants sont réalisées afin de permettre aux femmes de confier leurs enfants pendant la journée pour faire fasse aux activités quotidiennes,
- des jardins scolaires sont construits pour initier les plus jeunes à l’éducation,
- les communautés ont apporté une contribution au paiement des enseignants,
- des logements sont construits pour permettre l’accès des enseignants à des logements décents.
- des espaces verdoyants ont été aménagés
- des champs collectifs on été mis en place.

La contribution des femmes en espèce pour la motivation des enseignant n’est pas aussi resté en demeure. Les jeunes se sont mobilisés pour un appui à l’école (investissement humain et prise en charge des dépenses de l’école).

Les autorités locales (communes) ne sont pas restées en marge du succès du projet :
- un appui au paiement des salaires des enseignants des écoles communautaires
- la construction des classes en dur dans quelques villages
- l’appui des communes en fournitures scolaires pour des écoles communautaires.

En terme d’impacts, l’école, considérée comme pôle de développement, a engendré un environnement lettré pour les villages. Elle a eu notamment des effets sur la citoyenneté.

- La participation des femmes aux activités et aux prises de décision est désormais soutenue dans toutes les activités entreprises dans les localités,
- la parité entre filles et garçons est établie,
- la collaboration entre les enseignants d’école publique et les enseignements des écoles communautaires est fructueuse
- les autorités politiques administratives sont impliquées dans la gestion des écoles communautaires,
- l’intégration des écoles communautaires dans le système éducatif formel,
- le renforcement des capacités des agents sur le système des écoles communautaires,
- la création des seconds cycles à travers la zone,
- l’augmentation du taux de scolarisation
- la multiplication des cadres de concertation au sein de la communauté éducative.

Leçons apprises

La participation volontaire des communautés et leur implication dans la gestion des écoles communautaires ont instauré un climat de confiance et de collaboration tripartite entre l’ONG, les communautés et les autorités locales.

Les communautés s’impliquent dans la lutte contre l’analphabétisme qui se traduit par la création des écoles dans presque tous les villages identifiés, la forte scolarisation des filles au même titre que les garçons.

Groupe de Recherches et d’Applications Techniques (GRAT)
Hamdallaye ACI 2000, Bamako/Mali BP : 2502
Tél : (223) 229-84-63
Fax : (223) 229-43-41
grat@africapower.net.ml
Voir aussi le site du SECO-ONG http://secoong-mali.site.voila.fr

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