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Des activités de protection de l’environnement combinées avec des activités génératrices de revenus pour l’amélioration des pratiques et le changement de comportements.
© Initiatives Mali Gateway :
Cheickna Hamalla Dao ,
-
Mohamed Sanoussi Dagnon ,
2007
Article publié le 23 février 2007
http://initiatives-mali.info/spip.php?article847
La mise en œuvre du plan d’actions du Ministère du Développement Rural en 2004 a conduit à la suppression de certains services dont l’Action Coopérative. Dans le but de poursuivre les activités d’organisation et de vulgarisation des thèmes sur l’agriculture durable, la protection de l’environnement et la gestion durable des ressources naturelles, d’ex-agents de l’Action coopérative se sont réuni au sein de l’ONG AMAC. Sa mission est de privilégier l’information, la sensibilisation et la formation des communautés rurales pour une participation et une prise en charge du développement de leur terroir.
La commune de Kébila avec une population d’environ 2.604 habitants est située à l’est de la Commune rurale de Koumantou, à l’ouest de celle de Zantiébougou, au nord de Massigui, au sud de la Commune rurale de Kolondiéba. Jadis reconnue pour son peuplement d’arbres de tout genre et son abondance à la production agricole, elle est soumise aujourd’hui à une dégradation sans précédent du couvert végétal et des terres de cultures. Située à la lisière de la zone sud du Mali, cette zone subit fortement les effets néfastes de la désertification due en grande partie à l’action de l’homme sur la nature, (feux de brousse, coupe de bois, etc...) qui conduit de plus en plus à la disparition de certaines espèces comme le Karité, le néré et le tamarin etc.…
Fort du constat alarmant (la coupe abusive des branches, l’appauvrissement continue des terres de culture sanctionné par la baisse progressive de la productivité), l’ONG AMAC a identifié les besoins des populations concernées et proposé des activités pour relever le défi posé. Ces besoins ont été identifiés dans le cadre d’une étude diagnostic auprès des populations des différents villages, des autorités locales et des services techniques de l’administration. Les résultats de l’étude ont conduit à l’élaboration et à la mise en œuvre du présent projet qui durera de juillet 2005 à mai 2007.
Les activités sont centrées sur :
la protection de la forêt contre les feux de brousse, et la régénération des zones de glacis dégradées par la plantation des essences locales (karité, néré, tamarin),
la confection des fosses compostières (culture de coton, maraîchage biologique) et diminution d’engrais chimique pour la culture du coton,
la valorisation de la plante d’anacarde par les techniques de conservation de cultures de ramassage de noix,
le recyclage en technique d’installation de cordon pierreux,
Le projet est élaboré sur la base des préoccupations et des besoins vivement exprimés par les populations des villages de la commune et aussi des renseignements recueillis auprès des services techniques et de l’administration. Tous les travaux nécessitant des efforts physiques ont été pris en charge par les populations locales. Les femmes ont occupé une place de choix dans le projet ; elles sont membres des comités de protection de l’environnement et ont participé, au même titre que les hommes, à la commercialisation des produits dans le but d’augmenter leurs revenus monétaires.
L’initiative est pilotée par un agent des eaux et forêts recruté par l’ONG, en partenariat avec le service de la conservation de la nature, et doté d’une mobylette. Le coup de l’initiative s’élève à 47.273.860 Fcfa. Le montant requis auprès du PMF/FEM (Fonds pour l’environnement mondial du PNUD) est fixé à la somme de 17.313.860 Fcfa ; la contribution de l’ONG est de 1.500.000F cfa ; celle de la population à 13.460.000 Fcfa (effort physique). Le Cofinancement est assuré à travers les actions de l’ONG/Save the Children à concurrence de 15.000.000 Fcfa sous forme de fourniture de grillages et d’équipements pour le maraîchage.
Les activités sont combinées à des sessions d’information et formation en environnement et à des activités génératrices de revenus. Les principales activités et expertise ont porté sur l’appui aux structures d’organisations paysannes et tous les groupes cibles dans leur effort de prise en charge de leur propre développement.
L’objectif visé à moyen terme était de :
Procéder à l’éveil de conscience des populations sur les thèmes du FEM et la nécessité de restaurer les sols dégradés à travers la préservation des essences locales.
Renforcer la capacité technique et de gestion des populations bénéficiaires pour une meilleure maîtrise des actions de restauration.
Promouvoir la reconstitution du couvert végétal sur les sols et les pâturages dégradés par différentes techniques de régénération naturelle.
Augmenter les revenus des femmes par la transformation des produits de cueillette et la vente des produits maraîchers.
Augmenter les revenus des producteurs de la plante d’anacardium occidentalis par une organisation de la filière.
Pour arriver à l’atteinte de ces objectifs, le projet a fait recours :
à l’information et à la sensibilisation de la population à travers la radio FM de proximité sur la lutte contre la désertification ,la dégradation des sols et les thèmes relatifs aux idéaux du Fonds pour l’environnement mondial (FEM),
- à la confection et distribution des affiches et dépliants sur les produits chimiques toxiques,
des comités de protection de l’environnement ont été mis en place pour un meilleur contrôle de l’environnement,
renforcement organisationnel des femmes dans les activités de maraîchage et de cueillette,
formation des paysans relais aux techniques de régénération naturelle, de protection des jeunes pousses, d’installation des cordons pierreux et à la confection des fosses compostières.
élaboration et adoption d’une convention locale en matière de gestion durable et des ressources biologiques.
Pour assurer la durabilité du projet, l’ONG a pris des dispositions pour responsabiliser, dès le démarrage des activités, les autorités communales, les comités de gestion villageois et les bénéficiaires du projet, dans la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation de toutes les activités programmées. De plus, le comité de gestion a mis en place un fonds de renouvellement et de réparation des petits matériels nécessaires à la bonne continuité des activités à la fin du financement du PMF/FEM. Enfin, le service de la conservation de la nature est sollicité pour son appui technique et la capitalisation des acquis, effets et impacts du projet pendant et après les 2 ans de sa mise en oeuvre.
L’exécution du projet a donné les résultats suivants :
60% de la population ont été sensibilisées en 344 séances d’animations via la radio de proximité par l’agent de l’ONG, du service de la conservation de la nature et par les membres des comités villageois.
12.199 pieds d’arbres d’essences locales ont été protégés sur 251 hectares,
4.308 mètres de cordon pierreux ont été installés
284 fosses compostières ont été creusées pour diminuer l’usage d’engrais chimique ;
tous les comités de protection de l’environnement ont été mis en place
l’association de maraîchage des femmes de chaque village aussi celle des planteurs d’anacarde ont eu leurs récépissés
les femmes grâce aux produits de cueillettes ont pu commercialiser 500 Kg de beurre de karité et 200 kg de graines de néré,
1 tonne de produit maraîcher a été commercialisé.
La dégradation des ressources naturelles a fortement diminué ; le couvert végétal se reconstitue dans les terroirs concernés.
Le projet a permis de renforcer les capacités techniques et organisationnelles locales des populations pour entreprendre des actions de protection de l’environnement. Il a permis aux populations de prendre conscience de la responsabilité de l’homme dans la dégradation de l’environnement. De même, les populations des villages avoisinants viennent s’enquérir de l’expérience techniques de restauration des sols dégradés à Kébila.
La restauration des sols dégradés par des essences locales et de la plante d’anacarde, ainsi que les parties vertes des espèces ligneuses et herbacées utilisées pour la restauration de l’enrichissement des sols dégradés constituent des puits d’absorption de carbone en vue de la diminution du CO2 atmosphérique. Ce qui conduit à la diminution du réchauffement de la planète terre.
Témoignages
La Mairie de Kébila, à travers le Maire Diakaridia Koné, a affirmé que ce projet a contribué à la protection de l’environnement et l’augmentation des revenus des femmes par les activités de maraîchage dans la Commune. D’autres initiatives entrant dans le cadre de la valorisation de l’anacardium (commercialisation) sont souhaitées.
Le projet Mobiom a aussi apprécié l’exécution de ce projet qui a augmenté le nombre de producteurs de coton biologique par la confection des fosses compostières (projet Mobiom, Bougouni, Directeur Sidy Guro).
Association Malienne pour le Soutien aux Associations et Coopératives (AMAC)
Boulkasoumbougou, Rue 430 porte 11, Commune I, District de Bamako, Mali
Tél : (223) 614-82-87
amactlo2005@yahoo.fr
Voir aussi le site du SECO-ONG http://secoong-mali.site.voila.fr
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Il s'investit dans la capitalisation et la mise en valeur des bonnes pratiques ainsi que dans l'accès à l'information sur le développement par internet. Cest une fenêtre ouverte sur le dynamisme de la société malienne ; cest aussi un outil de communication entre les acteurs locaux et leurs partenaires au développement.
Edité par Axe Formation, Initiatives Mali Gateway réunit des partenaires diversifiés (organisations de la société civile, services techniques, partenaires au développement). Il est affilié au réseau des Country Gateway (Fondation Development Gateway). Voir Qui sommes-nous