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L’ONG ADCOPS s’emploie à sauvegarder et à restaurer les espèces végétales, telles le baobab, le rônier, l’acacia albida, en mobilisant les populations afin de garantir l’équilibre de l’écosystème dans le pays Dogon.
© Initiatives Mali Gateway :
Anne-Marie Marcotte ,
-
Aldji H Guittaye ,
2008
Article publié le 3 janvier 2008
http://initiatives-mali.info/spip.php?article884
Faisant suite à de nombreuses activités en faveur de l’environnement et de biodiversité dans plusieurs régions du Mali et principalement à Sangha en pays Dogon, l’ONG ADCOPS a exécuté un projet de conservation de la biodiversité à Sangha sur un financement du PPS/FEM : le projet Actions de restauration de certaines essences forestières (Raphia, Bambou, Rônier, Sau et Lingué) de novembre 2005 à Octobre 2006.
Le présent projet, premier du genre dans le pays Dogon, a constitué une solution à la dégradation des ressources naturelles. Dans le développement de la commune de Sangha, les arbres jouent un rôle d’importance primordiale.
Au niveau de la production, les arbres fournissent aux populations rurales (surtout les femmes) du bois de chauffe et de construction, des fruits, des feuilles, des produits médicinaux, etc. De plus, les arbres servent de refuge pour de nombreuses espèces animales sauvages.
Sur le plan écologique, les arbres protègent le sol des érosions éolienne et hydrique. Les racines des arbres fixent le sol, leurs feuilles tombent et contribuent à la formation d’une litière qui protège le sol, et à la production d’humus qui enrichit le sol de matière organique.
Les plaines entrecoupées des falaises dans la commune de Sangha étaient jadis recouvertes de peuplements de Baobab et de Rônier d’Acacia Albida comme espèces dominantes. Ces essences, en plus de leur grande utilité pour les populations, servaient au maintien de la diversité biologique de toute la contrée.
De part leur feuillage, ces grands arbres servaient d’abris sûrs pour les hommes et les animaux sauvages contre l’ensoleillement, les intempéries et leurs ennemis. La disparition progressive de ces espèces végétales a entraîné la perte de plusieurs espèces animales et même des variétés d’herbacées très utiles dans l’alimentation de la faune sauvage et des animaux domestiques. Aussi, les sources d’eau mises à nue sont complètement asséchées. Les femmes sont contraintes d’aller chercher l’eau dans les puits au bas des falaises (souvent en escaladant des grands rochers).
Les activités menées dans ce présent projet ont permis à la population de reconstituer progressivement et de prendre des mesures de conservation de la biodiversité à travers la protection de toutes les espèces animales et végétales de la zone d’intervention et particulièrement du Baobab, du rônier et de l’Acacia albida.
Pour la mise en œuvre du projet, l’ADCOPS s’appuie sur les collectivités territoriales, les services techniques de l’Etat et le Fonds pour l’Environnement Mondial à travers le PNUD qui est le principal partenaire financier. Les ressources du projet sont d’ordre humain, financier et matériel : les populations locales, le personnel du projet, le secrétariat exécutif de l’ONG, les agents des services techniques de l’Etat.
Le coût total du projet est de 32.452.300 fcfa. Sur ce montant, le PPS/FEM apporte 14.878.300 Fcfa. Si l’ONG contribue à hauteur de 3.544.000, la population apporte 14.030.000. Cet apport de la population se confond à l’apport physique de la main d’œuvre locale.
Afin de mener à bien ce projet, l’ONG a choisi une stratégie essentiellement basée sur la mobilisation des acteurs locaux et des ressources disponibles localement. Elle vise à
La communauté participe pleinement aux activités du projet à travers les actions suivantes :
Un accent particulier a été mis sur le renforcement des capacités des populations pour la restauration des espèces végétales : Baobab, rônier et d’acacia albida. C’est ainsi que des séances de sensibilisation et de formation avec une participation effective de la population ont permis d’atteindre l’objectif majeur, à savoir la planification de ces activités avec la population qui cadre parfaitement aux temps libres du calendrier agricole des paysans. Cela explique d’ailleurs l’origine de ce succès. C’est ainsi que 845 paysans ont été sensibilisés à travers des causeries et débats menés dans chaque secteur avec une participation moyenne de 20 personnes par séances dont 8 femmes. Les causeries débats ont porté sur l’importance de la restauration de la biodiversité en général, et en particulier, sur le baobab, le rônier et l’acacia albida.
Les artisans, commerçants et les produits artisanaux ont été particulièrement ciblés dans les différents secteurs donc impliqués dans les séances de sensibilisation. Ces acteurs d’art ont été fortement interpellés quant à leur responsabilité dans la coupe abusive du bois. Aussi, 42 paysans formateurs formés, ont procédé à la formation de 200 paysans sur les techniques de production de plants, de régénération naturelle et de fixation dune part le rônier et l’Euphorbia balsamifera.

Il faut noter que les activités de renforcement de capacités et la forte sensibilisation a permis à la population d’abandonner les pratiques destructives de l’environnement, entre autres la coupe abusive du bois, le défrichement anarchique, les feux précoces...la restauration des espèces menacées de disparition : Baobab, rônier et acacia albida.
Pendant l’exécution du projet, 47500 plant ont été implantés. Dans cet ensemble de pépinières, 35145 plant ont réussi, toutes espèces confondues, soit plus de 70% du résultat attendu. En plus, 84 ha de plantation en Agroforesterie sont constitués de pieds de balanzan, de baobab et de ronier.
Des problèmes sont survenus au cours de l’exécution du projet dont les plus importants ont été la destruction des plants par les animaux en divagation et l’intransigeance des femmes à avoir une parcelle collective pour des arbres fruitiers. Ces problèmes ont été résolus grâce à l’interdiction de laisser les animaux en divagation et la clôture des pépinières par les grillages et le plaidoyer auprès des chefs coutumiers pour l’obtention d’une parcelle au nom des femmes.
La convention pour la protection des ressources naturelles
Sur l’ensemble des secteurs encadrés par l’ONG/ADCOPS, il existe certaines mesures d’interdictions touchant quelques composantes de l’environnement. Ces mesures existantes semblent ne pas avoir d’effet sur la vie quotidienne des habitants faute d’une mauvaise organisation. Pour ce faire, une convention pour la protection des ressources naturelles a été élaborée pour mieux observer ces mesures d’interdiction afin de protéger davantage l’environnement.
La population s’est saisie du projet
En effet, elle participe à l’exécution de toutes les activités du projet à travers le comité de gestion. Certains villages ont reproduit des pépinières sans le concours de l’ONG. Le comité continue de diriger les activités de production de plan et l’application des mesures de protection des ressources naturelles.
La nécessité de sauvegarder les essences végétales correspond aux préoccupations et actions proposées par les populations, les services techniques et les autorités locales du cercle de Bandiagara lors de l’élaboration des programmes locaux du PNAE (Plan National d’Action Environnementale). Il faut noter que la population rurale tire l’essentiel de ses revenus de l’exploitation des ressources naturelles.
Les mesures incitatives à l’égard des femmes
Avant la mise en œuvre du projet, les femmes participaient peu à la vie de la communauté. L’ONG/ADCOPS a mené des actions de sensibilisation afin d’expliquer l’importance de l’implication des femmes dans les actions de développement. Ainsi, l’aspect genre a été pris en compte dans les phases d’exécution du projet. Les femmes sont majoritaires dans les comités de gestion. Des activités spécifiques comme le maraîchage ont aussi été initiées pour les femmes.
Effet multiplicateur
L’ADCOPS partage ses expériences avec plusieurs ONG sur la gestion de l’environnement. Cela a permis aux ONG de la place d’initier des actions de protection de l’environnement. Ainsi, plusieurs projets ont été financés au plateau Dogon par le Fond pour l’Environnement Mondial.
Il faut noter que l’extension du projet aux villages environnants a été effective sur demande des villages et des communautés.
Au niveau communautaire
Les activités du projet ont contribué à la restauration de certaines espèces en voie de disparition, à la conservation de la diversité biologique qui est redevenue une source de revenus pour la population. Quant à l’échelle nationale, les espaces mis en défend ont contribué à renforcer le réseau d’aire protégée au Mali.
Conclusion
Il y a lieu de noter que l’élan de mobilisation engendré par les actions de l’ONG ADCOPS porte ses fruits. En effet, au pays Dogon, on assiste à une véritable restauration d’espèces menacées de disparition dans cette zone. Mieux, nombre d’ONG ont intégré le volet environnement à leur programme, donnant à la valeur de développement durable toute son importance.
Après l’acquisition d’une expérience enrichissante dans le champ du développement en faveur de multiples régions du Mal, un groupe de jeunes cadres s’engage à accompagner la dynamique du développement sur toute l’étendue du territoire malien. Ainsi en janvier 1998, prenait forme l’ADCOPS grâce à dix jeunes diplômés de formation différente et ayant acquis de nombreuses expériences dans la réalisation des projets de développement au sein d’organismes nationaux et internationaux, notamment dans les régions de Ségou, Mopti et Tombouctou. Ainsi, le 23 janvier 1998, ADCOPS a été agréée par le Gouvernement malien suivant le récépissé N°0100/MAT-DNAT, et a signée un protocole d’accord N°1017, le 3 juillet 1998 définissant le cadre juridique de son intervention.
Les objectifs essentiels de l’ADCOPS
Son but est d’une manière générale promouvoir le développement socio-économique en luttant contre la pauvreté au travers des actions appropriées inscrites dans les politiques sectorielles de l’Etat.
Un capital de connaissances important en la matière
L’ONG ADCOPS a beaucoup d’acquis dans la mise en œuvre des actions de protection de l’environnement et de la conservation de la diversité biologique ; notamment dans le cadre du PPS/FEM et d’autres structures.
L’ONG/ADCOPS privilégie l’approche participative, le genre et la philosophie du partenariat dans toutes ses activités. Elle a exécuté plusieurs projets parmi lesquels, on peut retenir entre autres :
Action Pour Le Développement et Contre La Pauvreté Au Sahel
Rue 580 Porte 1178 Boulkassoumbougou marché BP : E 1960, Bamako, Mali
Tél : (223) 904-18-63/ 671-17-47
adcops@yahoo.fr
Voir aussi le site du SECO-ONG http://secoong-mali.site.voila.fr
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